Paris, le 9 septembre 2021

Paris, le 9 septembre 2021

Le début de campagne marque toujours un point de bilan associé à un nouvel élan mêlé d’incertitudes. Cette année plus que toute autre. Le climat, l’environnement, les nouvelles réglementations, mais aussi le contexte sanitaire et ses conséquences notamment économiques, créent des conditions de culture et de marché auxquelles la filière doit s’adapter avec rapidité.

C’est peut-être une évidence de le dire, mais les facteurs climatiques et technologiques influencent fortement la vie d’une filière de production agricole comme la nôtre.

En production, le climat reste l’une de nos principales préoccupations. Pour la culture des pommes de terre, les savoir-faire des producteurs et les choix variétaux peuvent permettre de s’adapter aux nouveaux défis imposés par le changement climatique. Mais, l’été que nous venons de vivre montre combien il est difficile de s’inscrire dans des démarches agroécologiques dont les exigences sont parfois extrêmes. Les accidents climatiques mettent à mal les engagements dans des labels et certifications et détruisent de la valeur dans certaines filières. Je pense particulièrement au Bio cette année. L’humidité permanente a entraîné des attaques de mildiou sans précédent depuis plusieurs années. Ces conditions climatiques inhabituelles ont exigé des traitements pertinents, adaptés, mesurés et toujours raisonnés, bien que fréquents. La conséquence en est des coûts de production en très forte hausse.

Pour les opérateurs du négoce et du conditionnement, les nouvelles contraintes de stockage, de conservation et d’emballage créées par la Loi entraînent des coûts de recherche et développement qui vont devoir être absorbés dans la chaîne de valeur. En effet, la filière est confrontée au défi de l’arrêt des emballages plastiques pour les unités de ventes de moins de 1,5 kg alors même que ces unités de vente sont plébiscitées par les consommateurs. Ils souhaitent que les pommes de terre qu’ils achètent soient protégées et sont en recherche d’une offre adaptée à un nombre de portions/ à un type de cuisson/ à une recette/ à une occasion de consommation. Ils préfèrent acheter plus régulièrement des petits volumes pour éviter le gaspillage. La pomme de terre vendue en frais a gagné, durant la Campagne 2020-2021, des nouveaux consommateurs. Elle séduit notamment les familles avec un enfant. C’est un point positif quand on sait que les habitudes de consommation qui s’ancrent dans l’enfance se poursuivent tout au long de la vie. Ces achats plus fréquents nécessitent une meilleure rotation en rayons. La pomme de terre est un produit frais, vivant, périssable d’autant plus dans un contexte d’arrêt du CIPC qui rend délicate la maîtrise de la germination.

Avec les commerçants, la filière, en discussion permanente, souhaite évidemment rester, pour la pomme de terre de consommation, sur un produit accessible aux consommateurs. Que ce soit dans les magasins de proximité ou dans les grandes surfaces, la pomme de terre doit rester abordable. Le consommateur est prêt à accepter des prix qui permettent une juste rémunération de la filière, et qui garantissent un approvisionnement régulier et qualitatif. Compte tenu de cette acceptation par les consommateurs d’un prix juste, la pomme de terre ne doit pas être une variable d’ajustement aux seules fins de défendre le pouvoir d’achat.

Il faut le savoir, 2021 ne s’inscrira pas dans une offre pléthorique en raison de la conjonction d’une légère baisse des surfaces emblavées et de rendements limités par le climat. Dans un contexte d’augmentation des coûts tout au long de la chaîne de production et d’approvisionnement, le secteur ne pourra pas rester sur la moyenne des prix de l’an dernier. Les Français sont attachés à leurs pommes de terre qui restent un aliment de base dans leur alimentation. Les confinements leur ont permis de les redécouvrir dans toutes les dimensions culinaires, gustatives et de plaisirs partagés. Ils ont aussi pris conscience des hommes et des femmes qui produisent et commercialisent à tous les niveaux conditionnement, commerces de proximité et GMS) les produits agricoles alimentaires en général et les pommes de terre en particulier. Les consommateurs restent prêts à acheter les pommes de terre de qualité que la filière leur apporte à des prix raisonnables.

Le CNIPT est la maison commune de la filière. Il est à l’écoute et au service de l’ensemble de ses composantes. Il entreprend et agit en fonction des orientations données par les associations membres.

Un vrai travail de fond a été fourni par les Administrateurs pour hiérarchiser et prioriser les actions menées par le CNIPT pour la filière. Le CNIPT renforce les moyens de la recherche agronomique à travers ses dotations à ARVALIS. De nouveaux projets de communication, avec des cofinancements de l’Union européenne sont en attente. J’aurai l’occasion de vous en parler dès que les décisions seront connues.

Pour améliorer la relation entre la filière et le CNIPT, le site internet www.cnipt.fr a été modernisé. La volonté de cette modernisation est d’apporter plus d’information et de services en ligne. Chacun pourra accéder plus directement aux informations qu’il est susceptible de rechercher auprès du CNIPT.

Vous l’avez également constaté, le système de collecte des cotisations a évolué pour répondre aux commentaires et demandes d’amélioration qui avaient été formulées sur le précédent système informatisé. Ce nouveau système permet également de mieux coller aux exigences du nouvel accord interprofessionnel des cotisations, voté et signé au CNIPT le 31 mars dernier et étendu par l’État le 29 juillet 2021. Cette année à nouveau, une baisse des cotisations a été décidée par le Conseil d’Administration qui représente toute la filière. Dans ce contexte, le formulaire a été revu pour permettre un reversement plus exhaustif des cotisations de base en amont collectées par le négoce.

Le système informatisé est également relié aux évaluations qualité menées par les experts produits du GIE CNIPT-INTERFEL pour donner accès aux opérateurs et commerçants aux informations collectées dans ce cadre.

Je reste optimiste tant pour la campagne à venir que pour les actions menées par le CNIPT car l’adaptation de la filière aux enjeux qui s’ouvrent est notre priorité.

Nous avons su faire face aux énormes défis lancés par le confinement, nous saurons affronter les évolutions qui se préparent.

Bonne rentrée à tous.

Luc Chatelain
Président