2022 : les enjeux de la nouvelle campagne

Selon un sondage mené auprès de 10.000 personnes représentatives de la société française par Harris Interactive et le journal Challenges (25 août 2022) les deux principales préoccupations des Français, cette rentrée, sont le dérèglement climatique et le pouvoir d’achat.

Ce sont des inquiétudes bien partagées par la filière pommes de terre.

La sécheresse et les températures de l’été 2022 impriment déjà de graves conséquences sur les rendements. Les évaluations réalisées par l’UNPT, grâce au financement interprofessionnel, laissent présager une baisse significative par rapport au volume habituel de pommes de terre.

Parallèlement, la situation internationale, ses répercussions sur les approvisionnements et les prix de l’énergie, redoublent l’urgence. Dans un contexte généralisé de hausse des coûts de production, de logistique et de l’énergie, la filière pommes de terre n’est pas épargnée. Les contraintes qui pèsent sur les acteurs de la filière pommes de terre les mettent dans des situations critiques.

Dans les Hauts-de-France, qui produisent 2/3 du volume national, les faibles précipitations et le manque d’irrigation vont peser sur les rendements. Les prévisions annoncent la récolte historiquement la plus basse depuis plusieurs décennies. Le volume récolté, puis commercialisé, ne permettra peut-être pas de couvrir les coûts. L’inquiétude des producteurs et de l’ensemble de la filière est grande et légitime.

2022 : les enjeux de la nouvelle campagne

Sur le marché du frais, l’irrigation a permis de tempérer les baisses de rendement et d’assurer le niveau de qualité indispensable à la vente en frais.

Néanmoins, les rendements seront également en baisse, certes d’une façon moindre que pour les pommes de terre non irriguées, mais des tensions peuvent se faire sentir en fonction des choix de débouchés qui s’offriront, selon les différents circuits de commercialisation, en France et à l’export.

Dans ce contexte, les acteurs de la filière seront amenés à faire des choix, en arbitrant entre leur rémunération, indispensable à la survie des entreprises du secteur, et leurs responsabilités vis-à-vis de la souveraineté alimentaire de notre pays.

Protéger le pouvoir d’achat des Français et leur donner accès à une alimentation saine à un prix raisonnable reste une priorité, tout en assurant une juste rémunération de chaque maillon de la filière.
Les producteurs, conditionneurs et commerçants, apportent leurs meilleurs soins pour fournir aux consommateurs
des pommes de terre françaises de qualité tout au long de l’année.

Afin que l’impact des hausses pour le consommateur restent modérées, les acteurs de la filière doivent repenser leurs relations commerciales avec une répartition de valeur plus équilibrée.

L’interprofession, n’oublie pas que la consommation de pommes de terre fraîches a chuté dramatiquement la saison dernière. Le CNIPT prépare un message publicitaire radio pour créer du trafic dans les magasins et donner l’envie de cuisiner et donc d’acheter des pommes de terre.
Durant la diffusion de la campagne radio, du 19 octobre au 12 novembre, la filière doit être particulièrement attentive à la qualité des tubercules mis en rayon. Le succès de cette campagne dépend aussi des actions qu’elle peut mener pour la soutenir. Un kit de communication sera disponible pour accompagner les ventes. Il ne s’agit pas d’écouler de la marchandise mais bien de valoriser les pommes de terre. Il ne serait pas concevable que des promotions sur les prix aient lieu à ce moment là.
Les pommes de terre se prêtent à une cuisine facile et quotidienne, en multiples préparations, four, purée, gratin, salade, rissolées, sautées, frites… et permettent de varier les menus des gourmands et des gourmets.

Rappelons qu’un kilo de pommes de terre nourrit une famille de 4 personnes pour un prix très raisonnable !

Valoriser les pommes de terre vendues sur le marché du frais, en France et à l’export, cuisinées maison par le consommateur, qu’il les achète en grandes surfaces, chez les Primeurs ou même à la ferme, c’est bien tout l’objet du CNIPT. Sous l’impulsion du Conseil d’administration, le CNIPT cherche à faire évoluer sa gouvernance. De nouvelles familles vont sans doute rejoindre le tour de table afin d’élargir les visions. Dans cet environnement évolutif, les Administrateurs demeurent attentifs aux équilibres dans les prises de décisions et je me porte garant de ces équilibres. Nous espérons aboutir dans ce projet pour la prochaine Assemblée Générale qui se tiendra le 11 janvier 2023, à Paris. Les discussions se poursuivent et certaines dépendront aussi des avancées en
matière de contractualisation.

Le sujet de la contractualisation ne peut être passé sous silence, les enjeux sont ceux de la répartition de valeur pour la construction du prix dans le respect de chaque maillon, tout au long de la filière, avec des indicateurs en cascades et des contrats adaptés aux différents niveaux.
Les Lois EGAlim 1 et 2 ouvrent des possibilités qu’il faut saisir, mais comportent également des difficultés selon le point de vue du maillon de la filière dans lequel on se place. Elles doivent être évaluées pour en atténuer les effets sans dénaturer le fond.

Enfin, je veux donner un message d’optimisme. Pour vendre nos pommes de terre françaises, il s’agit de valoriser nos atouts et nos savoir-faire … et nous en avons : les bonnes pratiques de production, la qualité de nos procédures logistiques et de stockage, la diversité des offres en magasins, la facilité de cuisine, l’accessibilité du prix, la variété des préparations et le plaisir de déguster. Appuyons-nous sur nos atouts auprès des consommateurs pour pérenniser notre belle filière.

Bonne campagne à tous.

Luc Chatelain
Président du CNIPT